Lhomé : Un rap poétique pour « Dire tout ce qu’il se passe entre le cœur et l’âme »

© Madi

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Originaire du Togo, Lhomé, rappeur, slameur venu de Poitiers, était de passage à La Rochelle. Dans le cadre du partenariat avec le Muséum d’Histoire Naturelle, il a animé pendant 6 semaines des ateliers d’écriture au Lycée Pierre Doriole sur le thème du métissage.

Entre sa résidence d’artiste au mois de mars, la sortie très prochaine de son nouvel album intitulé « Les vertus de la patience », et le concert qu’il a donné mercredi 10 juin à La Sirène en première partie du groupe de rap « Milk Coffee and Sugar », il nous présente un univers très personnel et poétique.

Découverte d’une poésie créative et toute en humanité

Son premier album, sorti en 2012 et intitulé « L’ombre d’un amour », explore un univers : celui du langage des signes. Sa collaboration avec Linda Dupuis, une interprète de la Langue des signes, donne une touche particulière à sa poésie. Elle enrichit ses textes pour les mettre en lumière sous un autre jour. Entre projets artistiques, ateliers d’écriture et concerts, Lhomé nous fait partager sa passion à travers ses mots.

Des sensations fortes le mercredi 10 juin à la Sirène

Deux artistes sur la scène. Côte à côte. Ils parlent d’une même « voix » et sublime le même texte : Lhomé, avec sa voix, son expression, la force de ses propos et de ses mots ; Linda, avec son corps, ses gestes et les émotions qu’elle transmet. Dans une symétrie parfaite, une harmonie se dégage. Sous des formes différentes, un même corps s’exprime.

Cette association révèle l’universalité des émotions et une certaine communion dans les vécus. Témoignages, extraits sonores, tout ce mélange pour ne former qu’une même émotion et parfois un même message. « J’ai une écriture assez narrative ou je raconte aussi l’histoire des autres»

Son univers : un rap poétique et personnel

Lhomé écrit sur tout ce qui le touche. «J’écris sur les belles choses de la vie, sur l’amour, les sentiments. Mais aussi et surtout sur ce qui me blesse, ce qui me navre, me met en colère et me rend impuissant». En définitive « tout ce qui ce passe entre mon cœur et ma tête ».

Lhomé se nourrit des échanges et des histoires qui le touchent. L’idée de mêler ses mots au langage des signes lui est venue d’une rencontre sur un atelier. « Je suis très content de l’univers que cela crée. Pour moi, il y a une certaine magie à la langue des signes. »

Avec son nouveau projet discographique, « L’architecte », et la sortie de son nouvel album, « Les vertus de la patience », il explore un autre univers.

En évoquant les séances d’écriture qu’il anime, il insiste bien sur la place importante qu’occupe le corps dans cet art oral. « Dans le slam et dans le rap, notre instrument à nous c’est notre corps. Il porte notre voix. En slam plus particulièrement, on doit nous-même donner un rythme. Il faut donc concevoir notre écriture pour être dite ». Ce n’est pas qu’écrire pour écrire. C’est écrire pour dire. Ça demande une mise en place du reste du corps, et c’est pour ça que je commence toujours par faire faire des échauffements lors des ateliers ». « Mon slam, je le définirais comme étant un rap poétique avant tout. »

Ecrire est sa passion: « J’ai toujours aimé écrire depuis tout petit ».

Les ateliers d’écriture : échanges et partage

La transmission et le partage sont les choses qu’il met en avant: « J’aime discuter, échanger, partager et transmettre … ». C’est pour cela qu’il en a fait son métier: « Je suis à mon compte. J’ai monté ma micro entreprise et ça fait 5 ans que j’en vis ».

Il a longtemps animé des ateliers d’écriture au sein d’une association, mais travaillant auparavant sur Poitiers « les structures venaient le voir ». A présent, il se déplace avec un studio mobile selon demandes. « J’ai un programme chargé pour pouvoir vivre de ma passion ».

En 10 ans d’atelier d’écriture, il dit avoir « sa petite recette ». En un mot : l’adaptation. Face au public qu’ils accompagnent lors de ses ateliers, il privilégie avant toutes choses les échanges et le partage. Sa matière première : l’humain: « J’apprends à connaître qui ils sont. Le but n’est pas de les faire absolument écrire mais d’être dans un échange. En fonction des groupes, les approches sont très différentes ». « Je travaille avec des adultes, des handicapés, des maisons d’arrêts, des centres sociaux, des centres de loisirs, des hôpitaux, des associations. Toutes les structures qui vont accueillir du public en capacité d’écrire ».

Il dit ne pas avoir de méthodes « Je n’ai pas une écriture technique », mais il propose des outils dont chacun peut se servir librement pour créer. Avant tout, « L’écriture artistique doit être basé sur l’envie ».

La résidence d’artiste au lycée Pierre Doriole

Un travail de 6 semaines a été fait au lycée Pierre Doriole. Intervenant plus particulièrement auprès d’une classe, il a néanmoins partagé des temps de rencontres et d’échanges avec d’autres classes du lycée.

Le but des ateliers est de « donner un peu de soi ». « En eux, ils ont une part de poésie. Il faut essayer de gagner leur confiance pour qu’ils essayent de donner un peu d’eux à travers les mots ».

Ce travail de 6 semaines a abouti à la création d’un recueil de texte et d’une vidéo clappée sur le thème du métissage, thématique développée par le Muséum d’Histoire Naturelle et reprise par Lia, l’animatrice culturelle du lycée Pierre Doriole qui a été à l’origine de sa résidence.

Site officiel : www.artdelhome.com
Facebook : www.facebook.com/Lhomeartiste
Vidéo Clippée réalisée par les élèves du lycée

© Anthony Benmerad

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