Entretien avec Judith Glykos, comédienne et interprète du personnage de Bonnie Parker

Bonnie-and-co

La jeune compagnie théâtrale « Les laissés pour compte », s’attaque à la pièce« Bonnie&co ». Le défi a été relevé par deux étudiants de l’Université de La Rochelle dans le cadre du concours de théâtre du Crous de Poitiers. La pièce s’intitule « Bonnie&Co », elle a été montée par la compagnie « les laissés-pour-compte ». Reprenant la vie tumultueuse de la jeune Bonnie Parker, la pièce est inspirée du fameux couple de criminels que formaient Bonnie Parker et Clyde Barrow sévissant aux Etats-Unis lors de la grande dépression des années 30. La pièce retrace avec habileté la vie de la jeune fille. Faisant écho aux récits des membres du gang et des échos qu’en ont faits la presse, la pièce offre aux spectateurs de multiples facettes de la personnalité de la jeune fille. Pour l’étudiante et comédienne, Judith Glykos, qui interprète Bonnie, la finesse de la pièce réside dans l’interprétation et la psychologie des personnages.

Sur quoi repose la pièce « Bonnie & co » ?

L’auteur de la pièce a axé son écriture sur le personnage de Bonnie Parker. Cela débutelorsque Bonnie est encore jeune, puis retrace sa rencontre et son épopée avec Clyde Barrow, de leur fuite, jusqu’à sa mort tragique. On peut retrouver les autres personnages, Clyde bien évidemment, mais aussi Buck qui est le frère de Clyde, Blanche qui est la femme de Buck et Henri un jeune délinquant que Clyde avait rencontré en prison.

Sur quoi s’est basé l’auteur pour donner vie à la pièce?

L’auteur, Cathia Chaumont, s’est basée sur le livre écrit par la seule survivante du gang, Blanche Barrow. Bien entendu le témoignage et les écrits de Blanche relatent la façon dont elle a vécu les choses dans ce gang. C’est donc son point de vue personnel qui a été mis en avant. L’auteur s’est aussi inspirédes revues de presse. Il faut savoir que ce couple a fait l’objet de nombreux fantasmes et les rumeurs qui ont été relayées par la presse n’étaient pas nécessairement bien fondées. C’est pour cela qu’elle s’est uniquement appuyée sur les faits historiques.

Comment définiriez-vous la pièce ?

Je la définirais comme une comédie dramatique. La pièce a la particularité de passer rapidement d’un registre humoristique à un registre plus sombre. Il y a des moments drôles et d’autres où l’on revient inexorablement à la dure réalité. En cela, la pièce est moderne.

Selon vous, qu’est-ce qui en fait sa particularité ?

Pour moi la pièce relève la psychologie de chaque personnage et les relations qui se sont liées dans leurs aventures. L’auteur a monté la pièce comme un road movie. Il y a des petits clins d’œil au cinéma muet. La pièce est donc assez cinématographique. Par ailleurs, l’auteur a voulu rajouter sa touche personnelle, elle n’a pas écrit un texte tragique et la pièce est montée de manière fraîche et légère.

Qui est l’auteur de cette pièce ?

L’auteur de la pièce s’appelle Cathia Chaumont. C’est une metteuse en scène que j’ai rencontré à Paris lorsque je faisais une école de théâtre. Lorsque l’on a monté notre compagnie et eu le projet de participer au concours, je l’ai appelé pour savoir si elle était partante pour que l’on utilise sa pièce et qu’elle en soit la metteuse en scène. Je trouve que Cathia Chaumont a appréhendé le personnage de Bonnie avec une certaine finesse. Elle a mis l’accent sur sa fragilité et ses écorchures.

En tant que comédienne, qu’est-ce qui vous a intéressé pour l’interprétation de ce rôle ?

Le parcours de Bonnie est intéressant. Il permet de se questionner sur sa vie et de voir comment une jeune fille qui paraissait épanouie et vive a pu finir aussi mal par amour. Au niveau du personnage que je joue, c’était vraiment enrichissant pour moi de voir tout son parcours et de travailler cette progression. Tout ça en une heure et quart.

Comment s’est passé le choix de l’interprétation des personnages ?

Au début, je n’étais pas prédestinée au rôle de Bonnie. Cathia, avait une vision très précise des personnages. Bien que le personnage de Bonnie fûtà l’antipode de moi, j’ai été choisi pour l’interpréter. Ça m’a demandé plus de travail, mais ce choix a permis de rompre avec l’idée précise qu’elle se faisait des rôles et insuffler un nouveau souffle à la pièce.

C’est vrai que le profil du personnage de Bonnie peut surprendre. En quoi est-elle étonnante selon vous ?

Bonnie a été dans un confort matériel et éducatif, à l’opposé de Clyde, qui lui venait d’une famille de paysans démunis. Ils n’étaient pas du tout du même milieu. Bonnie aurait pu mener une longue vie tranquille. Au lieu de cela, elle est morte jeune et a vécu une vie tumultueuse. C’est cette vie-là qu’elle a choisie. Au travers de la pièce, on voit bien que ce qui pouvait être pris comme un jeu au début, s’est avéré progressivement une voie sans issue. Consciente qu’elle était allée trop loin et qu’elle ne pourrait jamais revenir en arrière, elle a fini par noyer son mal-être dans l’alcool. Sa vie a pris un tournant par les rencontres qu’elle a faites et surtout les choix qu’elle a pris.

Quel était l’objectif pourvreprendre cette pièce ?

C’est une pièce très actuelle. Même si l’histoire date des années 30, elle interroge sur la trajectoire que nous pouvons prendre à certains moments de notre vie. Comment des personnes peuvent se détourner du droit chemin en fonction des circonstances et des rencontres. Je pense que c’est un thème parlantet donc intéressant à aborder. De plus, lorsqu’on est jeune comme moi, c’est agréable de jouer des personnages qui sont proches de nos âges.

En quoi consiste le concours auquel vous souhaitez participer en montant cette pièce ?

Le concours est organisé par le Crousau niveau national. Le but est de faire participer au minimum quatre étudiants. Il se fait en plusieurs étapes. Une première étape régionale qui réalise une première sélection. Les personnes sélectionnées vont jouer la pièce à Poitiers devant un jury et un public.Les deux premiers peuvent aller à Nancy, où se déroule le concours national. Par la suite, les étudiants qui remportent le premier prix ont l’opportunité de donner deux représentations pendant le festival d’Avignon. C’est un super concours. Ça permet de nous donner des exigences en ayant un but, puisque cela nous donne envie de réaliser quelque chose de qualité. Jouer à Avignon pendant le festival est une formidable occasion pour se faire connaître et faire voir la pièce. En cela, on espère que ce ne sera pas le seul projet de la compagnie et que cette pièce pourra avoir un rayonnement régional. Pour nous, le concours est un peu comme un tremplin.

Peux-tu nous parler de la compagnie ?

La compagnie est toute jeune, nous l’avons monté Quentin et moi en septembre 2014. Au début du projet nous étions deux. Nous avions depuis longtemps envie de monter des projets théâtraux et voulions participer au concours. On a mis des affiches dans toutes les facs, et on en a parlé aux personnes autour de nous. Puis, pour la pièce, nous avons tous passé des auditions avec la metteuse en scène.

C’est à partir de ce projet, que l’on a eu l’idée de monter la compagnie« les-laissés-pour-compte ». L’idée de nommer la compagnie ainsi, est venue du cheminement que nous avons eu, Quentin et moi. Ayant fait beaucoup de théâtre, nous savons que c’est un milieu où tout le monde ne peut pas réussir, ou du moins, en vivre et devenir professionnel. Le nom de la compagnie évoque les personnes qui n’ont pas réussi à prendre la petite brèche. Malgré le travail et l’énergie que cela demande, il y a aussi un facteur chance. C’est donc un petit clin d’œil à ça. Pour le moment nous sommes huit dans la compagnie.Les étudiants qui en font partie, ont tous fait du théâtre à différents niveaux et avec des expériences variées. C’est pour cela que c’est un bel échange. Nous avons des pratiques différentes et l’ensemble se mélange bien. On peut dire que ça marche bien!

Mylène Drouet

logo Les laissés pour compte

L’équipe :

Cathia CHAUMONT, écriture et mise en scène – Julie RIPPERT, assistante mise en scène

Avec Quentin BOULEGON (IAE, Université de La Rochelle), Axel BROSSERON (IUT La Rochelle), Judith GLYKOS (FLASH, Université de La Rochelle), Clotilde POUZIN (Université de Bordeaux), et Julien SCHMIDT (comédien professionnel).

Partenaires : Université de La Rochelle (Commission FSDIE), CLOUS La Rochelle (Commission Culture Actions), Centre Départemental Information Jeunesse (CDIJ, Commission Projets Jeunes).

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En résidence du 2 au 9 mars à la Maison de l’étudiant, la pièce aura lieu le vendredi 27 mars à 20h30. L’entrée est libre et gratuite.

http://www.univ-larochelle.fr/IMG/pdf/festivalleaa2015.pdf

 

 

 

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